06/08/2021
Des aliments irradiés en épicerie
La majorité des aliments sont irradiés aux ondes électromagnétiques avant d’être mis sur les tablettes de nos marchés d’alimentation. Ce processus est également utilisé pour d’autres produits comme les couches, les serviettes hygiéniques, les solutions de verres de contact et les pintes de lait. C’est la même technique que l’on utilise pour stériliser les articles médicaux jetables et les fournitures d'hôpital, les matériaux d'emballage pour aliments, les ingrédients entrant dans la composition des cosmétiques, etc.
L’irradiation des aliments (ionisation) est un procédé controversé qui fut inventé en France dans les années 1940 et qui consiste à exposer les aliments à des rayonnements d’ondes électromagnétiques dans le but de réduire le nombre de micro-organismes, ce qui prolonge leur durée de conservation. C’est ainsi que l’on réussit à garder aux produits leur apparence de fraîcheur et réduire les pertes alimentaires pour les commerçants, qui peuvent atteindre 50% dans le cas des produits frais.
Les défenseurs de cette technologie la décrivent comme moins nocive que d'autres modes de conservation industriels en plus de permettre de contourner l'usage de produits chimiques comme les pesticides. Par contre, de nombreuses études scientifiques montrent les limites et les risques de l'irradiation sur la santé.
Ces bactéries que l’on élimine par l’irradiation sont pourtant très utiles puisqu'elles agissent justement sur l'apparence des aliments (pourrissement, odeur), permettant ainsi aux consommateurs de repérer les aliments douteux. Comme l’irradiation ne change ni l’aspect, ni la texture ou le goût des aliments, il devient alors plus difficile pour le consommateur de repérer les produits trop vieux et qui ne devraient plus être consommés parce qu’ils sont atteint leur date de péremption.
La presque totalité des fruits et légumes sont irradiés. Cette technique est utilisée dans plus de 60 pays, mais le Canada est l'un des premiers pays à l’avoir pratiquée (avec la pomme de terre, en 1960 et les oignons, en 1965). Depuis plusieurs années, Santé Canada fait tous les efforts pour ajouter à la liste les crevettes, le poulet et la viande. Le lait et d’autres produits laitiers, quant à eux, supportent mal l’irradiation.
Une méthode à risque
Trois types de rayonnements ionisants sont autorisés: (1) les rayons gamma pour le traitement des aliments crus, cuits ou surgelés, (2) les rayons X et (3) les électrons accélérés pour le traitement des emballages de taille réduite ou celui des céréales.
Les aliments irradiés sont exposés pendant quelques secondes à un rayonnement électromagnétique émis par le cobalt-60, une substance radioactive qui empêche la division cellulaire et la reproduction des micro-organismes.
En atteignant les aliments, la radiation leur transfère son énergie et les réchauffe exactement comme le fait un four micro-ondes. Le problème, c’est qu’à ce moment, la structure moléculaire des aliments se désintègre, ce qui provoque la formation de radicaux libres qui vont réagir avec les aliments pour créer de nouvelles substances chimique (les produits radiolytiques), dont certains sont connus pour être cancérigènes (ex. : benzène) et formation de cyclobutanones, une molécule spécifique aux aliments irradiés qui provoque des dommages sur les cellules et les gènes de l’organisme humain et animal.
Perte importante de nutriments
Le processus d’irradiation détruit un très grand pourcentage des vitamines (A, B1, B2, B3, B6, B12, C, D, E, K, PP et acide folique) contenus dans les fruits et légumes. Quant au lait, c'est 100% de la vitamine E qui est éliminé. L’aliment irradié se retrouve presque vidé de sa substance nutritive. C’est pour cette raison qu’on peut facilement arriver à consommer consécutivement deux ou trois pommes du commerce alors qu’une seule tirée directement du pommier suffit pour calmer la faim.
Pour récupérer de ces effets, l'industrie n’a guère d’autre choix que d'avoir recours aux additifs alimentaires (nitrite de sodium, le sulfite de sodium, l’acide ascorbique, le BHA, le BHT, le bromate de potassium, le tripolyphosphate de sodium, le chlorure de sodium et le glutathion).
Souvent, la différence sera visible à l’œil nu, par exemple avec les abricots, qui ont une couleur brune lorsqu’ils sont séchés naturellement mais qui tournent à l’orangé lorsqu’ils ont été irradiés ou ont reçu un traitement au soufre.
Les aliments qui ont été irradiés.se reconnaissent par un symbole internationalement reconnu, le Radura (photo).
Le meilleur choix
Le cahier des charges de l’agriculture biologique interdit toute irradiation des aliments, mais le produit frais directement du producteur demeure définitivement la meilleure option.